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DEUX ARMAGNAC COMME ON LES AIME

Si, à Cognac, on commence à partager l’idée de millésimer ses bouteilles, la question des millésimes en Armagnac est cependant une affaire plus simple qu’il n’y paraît. Voici les données du problème.

La récolte de chaque année est bien spécifique et comparable en qualité aux vins de Bordeaux blancs secs, à ceci près : il faut des vins de 8° à 10° pour élaborer un bon Armagnac, un faible degré donnant une meilleure eau-de-vie. Les vins de Gascogne sont ainsi distillés sur leurs lies, comme en Charente, le plus tôt possible après leurs fermentations, dans des alambics dits armagnaçais (traditionnellement), à coulée continue, aboutissant à une eau-de-vie de 55° à 66°. Seulement, au cours du vieillissement, les différences entre les divers millésimes s’estompent et après quelque 10 ou 15 ans de fûts, il n’existe plus de véritable originalité pour chacun des millésimes.

Plus l’Armagnac vieillit, plus il ressemble à un autre Armagnac d’une autre année issu du même domaine. C’est pourquoi il peut sembler grotesque de publier des cartes de millésimes pour les Armagnacs de plus de 15 ans de vieillissement. Plus que le millésime, le terroir a son importance, et les Gascons s’accordent à reconnaître que la meilleure eau-de-vie provient de la région landaise du grand Bas Armagnac, un territoire de 25 km de long, situé dans la partie la plus à l’ouest de la région, autour des villes de Labastide d’Armagnac, Le Frêche, Lannemaignan, Arthez d’Armagnac, Montguillem, Bourdalat, Hontanx, et Le Houga.

Plus à l’est, ce sol fait de sables fauves et d’argiles où la vigne donne les meilleurs résultats disparaît. Il existe une grande différence en fonction des cépages, le Saint-Emilion (Ugni blanc) étant plus fin, le Baco plus rond, plus dur, plus “physique”.

La distillation apporte elle aussi des différences car il est permis de distiller dans des alambics à repasse de type charentais (comme le Cognac), ce qui donne des eaux-de-vie plus souples, commercialisables bien entendu plus rapidement, ou bien dans des alambics armagnaçais à coulée continue à 55°.
Bien que l’eau-de-vie soit, dans ce cas, plus longue à vieillir, elle y gagne en caractère.

Enfin, il y a le vieillissement, avec pour critères la qualité du bois des pièces et l’atmosphère du chai. La majorité des professionnels s’entendent pour dire que le meilleur bois pour vieillir un Armagnac est le bois de chêne pédonculé des forêts environnantes (Monzin), séché 6 ou 7 ans, bien fendu, bien échaudé, pas trop tannique et pouvant conserver une eau-de-vie plus de dix ans.

Le vieillissement s’effectue dans des pièces de 400 litres entreposées dans des chais différents. Dans les chais humides exposés au nord, sous la maison, l’eau-de-vie perd beaucoup de degré et vieillit vite. En 10 ans, elle en ferait 20 si on ne la montait pas ensuite dans un chai sec, où elle diminue davantage de volume et vieillit plus doucement.

Avec tout cela, les Gascons auraient bien tort de ne pas sauvegarder ce privilège qu’ils sont les seuls en France à s’être octroyé : celui du millésime, c’est un “plus” dans le cas d’une excellente eau-de-vie provenant des meilleurs terroirs de grand Bas Armagnac, bien distillée et surtout bien vieillie. Encore faudrait-il mentionner sur chaque bouteille millésimée la date de l’embouteillage, car l’Armagnac, comme tous les alcools, ne vieillit plus en bouteille (pour mémoire, et pour exemple, n’oubliez pas qu’un Armagnac de 1945 embouteillé en 1950 n’a en fait que 5 ans de vieillissement, malgré son âge quasi canonique…). J’ai eu la chance de savourer plusieurs très vieilles bouteilles, dont un bon nombre avec les Darroze, et notamment des millésimées 1848 (vous lisez bien), 1878, 1900, 1959, 1966 (les deux vraiment splendides) ou 1970.

Enfin, il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment de différences entre les vieux millésimes qui résulteraient de la qualité intrinsèque de la vendange. Ces différences sont dues à la qualité de l’eau-de-vie après distillation, donc à son origine, son mode de distillation, sans oublier la qualité du vieillissement.

 

 

DARTIGALONGUEALCOOLS DARTIGALONGUE

DARTIGALONGUE 

(ALCOOLS)
Françoise Dartigalongue
Place du Four - BP 9
32110 Nogaro
Téléphone :05 62 09 03 01 
Email : contact@dartigalongue.com 
Site : www.vinsdusiecle.com/dartigalongue 
Site : www.dartigalongue.com 

“C'est en 1838, sous Louis-Philippe, que Pascal Dartigalongue, originaire de Saint-Lannes près de Madiran s'installa à Nogaro dans le Gers et fonda sa Maison de négoce d'Armagnac qui est encore la nôtre aujourd'hui.” 
A côté de la gamme classique, mise en bouteilles à 40°, la gamme Sélection de Millésimes est une autre approche du Millésime : sur certains fûts de qualité exceptionnelle, le Maître de Chai va chercher le degré idéal qui va révéler au mieux le caractère du millésime et la typicité de l’Armagnac à ce stade bien précis de son vieillissement. L'objectif étant d'avoir une puissance aromatique maximale tout en maîtrisant le Degré Alcoolique pour avoir un équilibre parfait arôme/alcool, puissance, fort complexe à atteindre. L’embouteillage en série limitée (Single Cask) et chaque bouteille est numérotée. La première série de Single Casks fût lancée en 2011, la deuxième, en 2013, et les dernières bouteilles ont été vendues en septembre 2016. 
La troisième série, proposée dès l’automne 2016 met en avant quatre Millésimes s'étalant sur quatre décennies, les trois premiers présentés en Single Cask : 1997, 47°, 488 bouteilles, intense, notes de fruits exotiques, bourgeon de cassisfraisrondfruité, il s'apprécie à l'apéritif; 1984, 45°, 476 bouteilles, notes de chêne toasté puis des arômes de crème brûlée, parfait avec un moelleux au chocolat; 1974, 44°, 347 bouteilles, notes de ranciofruits secsfrais et fin, il accompagnera un cigare; et 1963, 43°, 79 bouteilles issues d'une seule bonbonne, notes de chêne fumé, bois de santal, épices, tout en délicatesse. L’originalité de cette série, c’est cette bonbonne de qualité exceptionnelle du Millésime 1963, d'une contenance de 60 l (single bonbonne). Le transvasement du fût en bonbonne a été réalisé en 2014, soit un vieillissement de plus de 50 ans sous bois…”

Benoît Hillion nous confie que 15 à 20% de la récolte 2017 ont été perdus, mais que l'on retrouve beaucoup de fraîcheur et de fruité dans les vins grâce au coup de froid début septembre dont le vignoble a bénéficié. Une nouvelle cuvée est prévue pour fêter les 180 ans de la maison, elle sortira en Septembre et s'appellera “1838-2018”. L'an dernier, tous les packagings ont été revus, si bien que cette année, c'est la continuité, mais du point de vue technique, des essais sont effectués sur différents fûts de chêne français pour des comparaisons avec les fûts traditionnels de Gascogne.
Formidable Bas-Armagnac cuvée 20 Ans d’Âge, présenté dans cette superbe carafe Yogi (dont 100% du packaging est Made in France, et pour la plupart Made in Sud-Ouest !), un assemblage de plusieurs Millésimes élevés plus de 20 ans en fûts de chêne, dont les Millésimes 1992, 1990, 1987 et 1988. Long en bouche, il développe une finale gourmande et délicate avec des arômes pâtissiers (vanille, fruits confits) d’agrumes, d’une grande finesse.
Et puis, il y a cette Blanche Armagnac. “Notre Blanche Armagnac, est issue d’un assemblage des cépages Ugni Blanc, Baco et Folle Blanche. À la sortie de l’Alambic, le distillat qui titre 60° est réduit de nombreuses fois afin de libérer progressivement ses arômes et obtenir une eau-de-vie dont la finesse et la longueur en bouche sont remarquables. Nous faisons une réduction en plusieurs étapes, puis une stabilisation en cuves Inox 3 mois, degré de commercialisation de 43°. Sa couleur est limpide, son nez a des notes de lis, poire, pomme, baie de genièvre. On retrouve en bouche les mêmes arômes, avec une finale aux notes d’amande douce. Belle texture à la fois puissante et onctueuse, remarquable longueur.”
 
 

Château GARREAUALCOOLS Château GARREAU

Château GARREAU 

(ALCOOLS)
Carole Garreau

40240 La Bastide d'Armagnac
Téléphone :05 58 44 84 35 
Email : chateau.garreau@wanadoo.fr 
Site : www.chateau-garreau.fr 

Carole Garreau, son père et son mari, ont repris en 2006 la propriété familiale (depuis 1919), auparavant tenue par son oncle. 
Ils sont passionnés et maîtrisent l’ensemble du processus, de la vigne à l’élevage de leurs Armagnacs dans un chai souterrain unique en son genre. 
Ils élèvent ce grand Armagnac cuvée Royale, où l’on retrouve alors des arômes doux et délicats comme la figue mûre et les épices, qui développe une bouche puissante et chaude, d’une grande finale avec des nuances de fruits exotiques, que l’on a raison de suggérer sur un foie gras, un Roquefort ou du chocolat... 
Exceptionnel Bas Armagnac Millésime 1985, 40%, médaille de Bronze Paris 2009, marqué par ces connotations de rancio, d’épices et de fruits cuits, avec, en bouche, des nuances de moka et de caramel très délicates. Goûtez le Bas Armagne Hors d’Âge, au nez voluptueux où se décèlent les agrumes confits, la cannelle et la datte, de bouche dense, superbe comme cet Blanche Armagnac, qui sent bon les fruits mûrs et la noix.
On se fait encore plaisir avec le Floc de Gascogne blanc, 30% d’Armagnac et 70% de moûts de raisons blancs, idéal sur une dacquoise aux noix ou des pamplemousses en gelée de thé, quand au Bouquet des Gascons, 30% d’Armagnac et 70% de moûtsde raisons rouges et blancs, il est parfait à l’apéritif. A noter que, sur leur site, ils hébergent l’Écomusée de l’Armagnac qui permet de faire mieux découvrir ce formidable produit, au travers d’un Musée des vignerons et d’un Musée des alambics.

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